jeudi 24 décembre 2020

Les Ateliers de Décembre

 Atelier du 9 décembre. Atelier gameur


 Faites tourner le mot "Mythologie"

   Mythologie minotaure, Olympe de Gouges, féministe, révolution, industrielle, IUT, copain, amour, Zeus, nymphe, Théophile Gautier, forêt, libertinage, culture (N)


   Mythologie : Toto et Lolo en logo rallye, Mimi et Gigi en tautologie, anima animus animi, logique zoologique, gigolo  (B)


Consigne 2 : l’hyperbole et les super pouvoirs 

Lecture d’un extrait de Rabelais sur l’éducation 

Imaginez une séance de cours à distance, idéale…

 

Petite bulle atemporelle dans l’univers de l’étudiant du futur, la fenêtre virtuelle de la connaissance en ligne se présente un peu la façon du miroir de Peau d’Âne lorsqu’elle s’est réfugiée dans une cabane forestière, loin des dangers d’un amour paternel trop prompt à exécuter ses moindres désirs. Ainsi donc l’étudiant face à son miroir-mémoire peut communiquer avec le reste de sa classe -d’âge- car de classe peut-on encore parler ? à moins de faire référence à Marx… De suspension au doigt et à l’œil, la vitre reflète ce dont il a besoin : pages de la bibliothèque transpacifique, hublots instantanés pris dans la baie de Okinawa ou sur la molaire de Bora Bora. Pépites fictive filmesques, Roman 2000 pages devenu c’est sûrement à son oreille… Et même parfois un professeur. Certains étudiants restent en effet nostalgiquement attachés à cette sorte de speakerine des années 2000, promettant des programmes interstellaires entre deux pages de publicité pour la Macronie nouvelle, la réforme Castexienne et la Blanquérisation de l’éducation.

b.


Ils avaient, avec le temps, chacun développé leurs capacités. Michelle avait trouvé un super réveil qui sonnait au moindre coup de mou. Églantine arrivait à faire taire d’un claquement de doigt ses frères et sœurs trop bavards à l’autre bout de l’appartement. Martin pouvait se démultiplier pour assister à ses cours de géo, de bio, de musico, de tango, de Taekwondo. Le prof avait trouvé un logiciel qui renommait automatiquement les travaux envoyés par les élèves, les triant par classe et par activité ; il en classait 60 en 10 secondes. Jimmy pouvait ressentir ses camarades malgré l’écran, partager des regards complices d’incompréhension ou de réussite. Bref, après le 38ème confinement, ils s’étaient bien adaptés.

N.


Consigne 3 : game over ! trois vies mais pas une de plus. 

Trois générations du cercle d’or : choisissez une lignée masculine ou féminine en utilisant les mots : secrets casserole pyramide traverser immortel.

 

Au fond de la casserole, tourne et retourne la cuillère en bois, au fond de la casserole l’anneau d’or de la fille. Alliance fine, cercle sans fioritures à l’extérieur un prénom suranné et une date déjà ancienne. L’eau bout, la mixture se prépare, philtre de désamour ou potion de rupture ; quand l’or aura fondu, peut-être l’aura-t-elle franchi, ce cercle d’or de la fidélité transmise de fille en mère pour traverser le temps. L’amour immortel est gardé, bien embaumé au fond des pyramides qui bouillonnent comme sa casserole au soleil du désert. 

La mère aussi a traversé le temps, parfois de l’autre côté de sa mémoire. Elle se souvient du cercle d’or du soleil sur les champs de la ferme, celle où la grand-mère travaille chaque aube et chaque crépuscule, confiant ses secrets aux barbiches des chèvres dont elle tire le lait avant d’en faire des fromages. La forme se fige, la faisselle marque de petits picots le lait caillé. La crème forme des replis de peau dorée sur les fromages qui sèchent et doucement deviennent plus verts, plus secs, plus parfumés. 

Alors la fille prend le couteau à la lame d’acier et renonce à ses activités d’alchimiste pour se préparer un petit encas. (b)


Le grand-père avait appris, suite à une pyramide de rendez-vous, conseils amoureux, l’un des secrets pour plaire aux femmes. Avant de mourir, quelques mots traversèrent ses lèvres avec son dernier souffle et le sommeil éternel pour que son fils les entende. « …le cercle d’or …et tu … l’amour ».

Il passa sa vie à multiplier les essais pour devenir l’homme le plus aimé des femmes et il y parvint puisqu’il trouva la femme de sa vie et devint père. Au jour du passage de l’enfant au rang d’adulte, il lui passa le flambeau familial : « trouve la façon d’utiliser le cercle d’or et tu plairas à la gente féminine. »

 Le fils essaya tout ce qui avait un rapport avec des cercles : il récura des casseroles, mit en boules ses chaussettes avant de les glisser dans la machine, apprit la salsa à en faire tourner la tête aux nanas, mais rien. Il n’était pas irrésistible. 

Un jour, en allant soulager un immortel besoin, il rencontra la solution : là, devant lui, un cercle, pas d’or mais blanc. Il l’abaissa et sut que la force de ses ancêtres avait atteint sa destination.

(N)

 

Consigne n° 4 : un costume, une arme, trois caractéristiques 

et un défi à écrire en 7 mn

J’imagine une feuille de vigne, un bouclier miroir, une peau de caméléon et un personnage protéiforme par la taille, des yeux sur les côtés comme les oiseaux 

La mission : dresser un chat à prendre l’ascenseur (c’est Delphine qui hérite de mon personnage)

Nina pense à : 

un costume de nounours masqué en peluche, une arme, le gel hydro-alcoolique

trois caractéristiques : de la patience, une forte volonté et de l’amour

un défi : faire 300 câlins à des inconnus qui en ont besoin

(personnage donné à Sarah)


Je dois écrire à partir d’un costume, tablier et toque
une arme, rouleau à pâtisserie
trois caractéristiques, lire sans lunettes, inventivité et témérité
un défi : réaliser une forêt noire. (donné par Marie)

Sept minutes pour réaliser une Forêt-Noire ? Je pose mon tablier ; je range mes lunettes. Et referme doucement le livre de recettes. En le soupesant, il me paraît trop léger. Il faut quelque chose de plus dense, par exemple ce rouleau à pâtisserie pourrait bien faire office d’arme providentielle. Toute ma ténacité aura eu raison de l’inénarrable romantisme qui s’accroche encore aux moules les mieux beurrés, les plus enfarinés. Une Forêt-Noire en deux minutes. L’horloge du four ne sert de clepsydre. J’enfonce sous dans ma toque sur mon visage entier, je ferme les yeux et retiens mon souffle. Il fait si noir. D’étranges bruits dans mes oreilles. Une nuit chaude, un parfum de sous-bois…ou de transpiration. Petite Poucette, je m’endors, dans la forêt Noire de mon invention.

b.


Nina hérite d’une jupe mauve, de bottes blanches avec une cape noire. L’arme est un arc ; ses caractéristiques sont : la nervosité, la réactivité, peu de sommeil nécessaire…et la mission « défendre le papillon blanc » :

 

Elle ne pouvait pas dormir tellement le stress montait mais ce n’était pas grave ; elle resterait éveillée toute la nuit. Là postée devant sa porte. Les yeux ne pouvant s’écarter de la serrure qui filtrait quelques rais de lumière. Le protéger, il le fallait à tous prix. Ce papillon blanc était le dernier de son espèce et l’immense chat sauvage qui n’allait pas tarder à briser la dernière barrière qui les séparait, n’en ferait qu’une bouchée. Elle tremblait de tout son corps. Le bruit résonnait de plus en plus fort dans la pièce. Elle invita le papillon à se camoufler en une boucle de ses bottes blanches à lacets dorés. Boum, boum, la porte céda. Aussitôt elle sortit de sa jupe mauve un arc et tira sur la bête affamée. Elle allait le sauver, c’était sa mission. Le matou tomba sur le coup et fila à toute vitesse dans l’antre de son maître. Alors le papillon se posa sur son front et se transforma en un songe merveilleux qui entraîna l’héroïne dans un sommeil réparateur. (N)



 

Consigne 5 : Ode à Lara Croft, Tomb Raider

Ode à Lara

 

Mignonne allons voir si ta tombe

Qui ce matin avait fleuri

N’a pas perdu cette partie

A coups de grenade et de bombes.

 

Crois-moi, Ô Lara la reine

Tes neiges ne sont pas éternelles

Et la blancheur de tes veines

pourrait bien tourner en querelle.

 

Le sang des écrans vidéos

N’en pourprera pas a jamais

Ses lèvres rouge de l’Eros.

 

Et ce jour-là, Lara que j’aimais,

Tu disparaîtras des consoles

Comme le Nord de nos boussoles.

b.

 

Le rituel des choses qui… sont immortelles :

Alain Bashung – le bleu- la goutte d’eau- une poussière dans la lumière

b.

 

Atelier du 16 décembre : avec Zazie et l’Oulipo

 

Consigne 1 On fait tourner : « l’Assiette anglaise » 

…porcelaine Brexit exit la brisée, « China » et elephant castle

 

 Les mots des autres : 

melting pot / la nuit / Meilleure année / smart / Downtown Abbey / canard

 

Consigne 2 Cuisines et dépendances : « La vie est une situation délicate » 

Racontez un moment gênant associé à la cuisine. Mots imposés : frustration, légume, mort-aux-rats et spéléologie.

 

Plus besoin d’ouvrir mes livres de recette de la collection du Chêne, Les Dimanches de Robuchon et son cake aux poires caramélisées ou les Saveurs du marché avec Bernard Loiseau. Ou encore mon petit carnet répertoire, récupéré et recyclé pour nos recettes fétiches comme la « linzertorte ».


Maintenant

Le smartphone

Tout gras et farineux

Avec sa recette express

Pianotée sur le réseau :

Réaliser le pique-nique idéal

Pour une sortie spéléologie

4 étoiles chez Marmi-thon

Pourquoi pas nos meilleurs

Plats à base de mort-aux-rats 

Indiscernable et soluble

Dans tout type d’alcool !

Oui mais voilà qu’un sms

Avec un chapelet imprévu

D’aubergines impromptues

Vient transformer 

les sourires en légumes,

rappel grivois de nos frustrations.


 

Consigne 3 avec Francis Ponge Le bon pain.

Décrire un plat avec emphase.

 

Lui, là, oui, le voilà

Bien avant la poule !

Tout beau, tout frais

Tout chaud, avec son duvet collé sur sa gracile protection de calcaire, fragile et sublime unité, rotondité ovoïde : un œuf.

 

Un bol, vaisselle de métal inoxydable à l’indienne ou raku émaillé de divines ridules, d’élégantes craquelures telles l’usure voulue d’une veste de dandy

Un bol, un œuf, une fourchette, trident de poche pour Poséidon occupé à la cuisine au lieu de lutter contre le destin d’Ulysse ou d’Hippolyte.

L’œuf dans le bol, la fourchette dans l’œuf, fouettez, fouettez diablotins infernaux : voici le célèbre œuf en salade de mon père. Cru-tel quel- sucré ou bien encore assaisonné d’une vinaigrette. Jetez-y le pain découpé en cubes, pas n’importe lequel : celui de Francis Ponge, le bon pain du poète dans l’œuf battu du paysan de 85 ans, qui vous salue bien bas, avant de se pourlécher les lèvres !

 

Consigne 4 Poème fondu avec Une Gourmandise de Muriel Barbery  (Gallimard éditeur) : « Aussi loin que remontent mes souvenirs, j’ai toujours aimé manger. Je ne saurais dire avec précision quelles furent les premières extases gastronomiques mais l’identité de ma première cuisinière de prédilection, ma grand-mère, ne laisse pas subsister beaucoup de doute à ce sujet ; Au menu des festivités, il y eut donc de la viande en sauce, des pommes de terre dans la sauce et de quoi saucer tout ça. Je n‘ai jamais su par la suite si c’était mon enfance ou les ragoûts que je ne parvenais pas à revivre mais plus jamais je n’ai dégusté aussi avidement - oxymore dont je suis le spécialiste - qu’à la table de ma grand-mère des patates gorgées de sauce, petites éponges délectables. Serait-elle là, cette sensation oubliée qui affleure dans ma poitrine ? Suffit-il que je demande à Anna de laisser mariner quelques tubercules dans le jus d’un coq au vin bourgeois ? Las, je sais bien que non. Je sais bien que ce que je traque a toujours échappé à ma verve, à ma mémoire, à ma réflexion, pot-au-feu mirifiques, poulets chasseur à s’en pâmer, coqs au vin étourdissants, blanquettes ahurissantes, vous êtes bien les compagnons de mon enfance carnivore et sauceuse. Je vous chéris, aimables cocottes aux effluves de gibier - mais ce n’est pas vous que je cherche à présent. 

Plus tard, malgré ces amours anciennes et jamais trahies, mes goûts se sont portés vers d’autres contrées culinaires et à l’amour du ragoût est venu se superposer, avec le délice supplémentaire que procure la certitude de son propre éclectisme, l’appel pressant des saveurs dépouillées. La finesse de la caresse du premier sushi sur le palais n’a plus de secret pour moi et je bénis le jour où j’ai découvert sur ma langue le velouté enivrant et presque érotique de l’huître qui suit une brisée de pain au beurre salé. J’en ai décortiqué avec tant de finesse et de brio la délicatesse magique que la bouchée divine en est devenue pour tous un acte religieux. Entre ces deux extrêmes, entre la richesse chaleureuse de la daube et l’épure cristalline du coquillage, j’ai parcouru tout le spectre de l’art culinaire, en esthète encyclopédique toujours en avance d’un plat - mais toujours en retard d’un cœur. »

 

Religieux érotique en daube

Grand-mère en enfance

Premières en retard

Patates carnivores

Viande cristalline

Je bénis ma langue et mes souvenirs,

Ces deux extrêmes :

J’ai découvert l’oxymore enivrant et bourgeois

b.

 


Le rituel des Choses qui …font déguster :

Les mèches dans le nez

Les confinements à répétition

Le faux espoir d’un théâtre entrebâillé

b.

 

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