les 6 petits cailloux
Bonjour la métropole et Adieu l'île qui garde un bout de notre coeur... A la Réunion s'ouvrit ce blog comme mes carnets de voyages. Ce petit coin virtuel pendant 11 années a accueilli famille et amis trop lointains en attendant qu'ils viennent nous voir. Certains ont pu venir. D'autres auraient aimé le faire... Nous voici de retour sur la toile ou ailleurs
mercredi 26 juin 2024
hanabi un 22 juin
dimanche 2 juin 2024
Atelier avec Lorraine Fouchet, sur les 3 consignes proposées, je choisis : « Volez ! Racontez ! »
Fils d’écriture
Yuko Tsushima est la fille malheureuse d’Osamu Dazai ! Autrement formulé l’auteur de La déchéance d’un homme est le père de La Femme qui court dans la montagne. Quand je l’ai appris, ma bibliothèque mémorielle en a été bouleversée. Que son géniteur ait pu être écrivain, évidemment avant elle, tombe sous le sens. Mais elle est née un an après le « dernier » suicide de Dasai. D’autres tentatives avaient en partie seulement réussi : lui, revenu des morts alors qu’une jeune maîtresse flottait telle la belle Ophélie.
Dazai, je l’ai lu par un hasard de bouquinerie en commençant par le recueil Cent vues du Mont Fuji. Fidèle à mon goût pour les fils de lecture, j’ai recherché systématiquement d’autres œuvres (Retour à Tsugaru) qui font penser que cet homme si ouvertement misanthrope, a commencé par se détester, et n’a vécu que pour aimer, mais sans savoir qui ou pourquoi. En cherchant la biographie de celui qui était né Shūji Tsushima, j’ai redécouvert sa fille.
Mlle Tsushima a pris place en 2023 sur l’étagère de ma bibliothèque asiatique. Elle m’a provoqué un choc en lisant Vous, rêves nombreux, toi, la lumière ! l’histoire de son fils dont le cœur de 8 ans un matin, s’est, sans raison, arrêté. Il n’y a pas de mots pour dire la mère qui perd son enfant. Ni en français, ni en japonais. Les veuves sont éplorées ou joyeuses, les orphelins vivent de désastreuses aventures, développent des dons fantastiques mais la mère dont l’enfant a disparu reste la mère de l’enfant mis au monde.
J’ai renoué les fils de ma lecture grâce au recueil Album de rêves. Toute son écriture ne parle plus que du petit garçon qui peuple l’espace et le temps. Dans l’une des nouvelles, son enfant lui apparaît doté du pouvoir de voler. Comme il est encore jeune, plus encore qu’au moment de sa disparition, il ne maîtrise pas son corps. Il frôle les membres de sa famille, les objets de leur maison et atterrit un peu abruptement aux pieds de sa mère, avant de l’entraîner, main dans la main, dans son envol. Ce récit onirique fut une seconde commotion pour moi qui garde -comme un trésor secret- la certitude que j’ai volé très véritablement dans l’obscurité, tout autour de ma chambre, ma main dans la sienne, la nuit suivant l’enterrement de ma jeune sœur.
Lyon, le 1er juin 2024
samedi 9 mars 2024
un samedi de mars à Paris
mercredi 28 février 2024
Ateliers de Delphine à L'Espec
Micro atelier du 11 novembre 2023 :
Quelle est la partie de votre corps qui vous semble la plus fragile ?
Tout me semble finalement plus solide que je ne le crois. J’ai d’abord pensé à mes cheveux, mes paupières…mais bien sûr ce sont mes yeux, fragiles dans tous les sens du terme. Qui s’ouvrent et se referment, se fatiguent, me trahissent et me servent.
Et auxquels je tiens comme à la prunelle d’eux-mêmes.
Atelier du 20 janvier 2024, depuis Mâcon ; pris en cours de route
Glissando !
Consignes : 1/ d’après le « nounours » de Pénélope Bagieu dans son album Les Strates : raconter une histoire d’erreur consentie.
Le Riri Desserle étant le seul ami de mon grand-père à la retraite, difficile de l’oublier ! Son dernier chicot, sa gitane maïs éteinte collée juste à côté.
Comment imaginer que cet homme a été jeune, a été marié et a été aventureux, alors qu’il vient, pour sa visite dominicale, métronome de la semaine, boire la goutte et parler du passé face aux pouces de mon pépé tournant invariablement au-dessus de la toile cirée.
Le café dans les duralex.
Le canard sur un sucre.
Le contact de l’éponge sur le ciré de la toile pour pousser vers la main en coupe les miettes de brioche (achetée chez les soeurs de Joncy).
Tout cela, et la cigarette, à jamais bannie de mon propre chez-moi.
Heureusement, il y a le Riri du passé, Christophe Collomb embarqué dans sa Diane, avec sa Dulcinée. Elle est institutrice. Ils n’ont pas d’enfants. Et pas encore de RDV chez le grand-père.
A cette époque, tous les dimanches, ils faisaient le choix de se perdre, roulant au hasard, dans le seul but de l’égarement. Après un pique-nique, nulle part mais ailleurs, arrivait le moment d’ouvrir la boîte à gants pour retrouver la carte routière et leur chemin.
2/ D’après La Foudre de Pierric Bailly (P.O.L) écriture à partir d’une amorce de l’auteur, puis de mots insérés : gynéco,imprimantes, évidence, dessein
« Je n’ai même pas besoin d’un prétexte pour m’évader. Ça se fait tout seul. Je passe d’un sujet à un autre » ; l’esprit qui va à gambades. Je suis un chemin de haïjin-écho de la rivière en montagne ou brume de terre sur les Dombes. Quand les champs en friche, imprimantes magnétiques, sont imprégnés de l’automne ; évidence de la glace maintenant que le wasserfall s’est tu. Devenir stalagtite. Peindre à couverte, médailles de teintes aquatiques glissant sur le papier. Jouer des coulures puis révéler la réserve. Ce blanc de la feuille ou du coton. Enlever la gutta, la cire, la protection de nos pensées organisées. Laisser hermétique le dessein, le trajet, refermer des parenthèses sur des parenthèses et ouvrir indéfiniment nos guillemets.
3/ D’après La grande glissade de l’ours Richard T. Morris : inventer un récit pour enfant
Sur la rivière Kamogawa, l’ours Kuma aime passer le tronc moussu, herbu et champignu. Côté soleil et fleurs odorantes, il prend à pleines pattes le miel, se léchant chaque griffe, insoucieux des abeilles.
Côté forêt, il retourne dormir à l’abri des cryptomères, bercé par les grelots de mamie Akiko qui randonne et le prévient de son passage
Mais ce jour-là après le goûter, le tronc moussu, herbu et champignu est devenu tout vermoulu !
Plouf-Glou-bouh-oh-splish-zap-paf ! L’ours à la dérive quitte les deux rives.
C’est bon de couler, il sait nager.
De petits poissons lui font les yeux ronds.
Une tortue carnivore le snobe encore.
Des saumons à contre-courant jouent les garnements
Un couple de crevettes vogue en goguette.
Un serpent d’eau frôle son dos.
Les Martins pêcheurs crient : il est l’heure !
L’ours fait la planche et rejoint d’un bond le bord de l’eau.
Juste avant d’arriver aux abords de Kyoto.
Moralité : L’ours mouillé apprend à s’émerveiller.
4/ Consigne : Glisser, mais pas déraper. Contexte : Article de Libé sur un homme politique détournant l’affrication au profit de sa xénophobie. Car l’affrication n’a rien à voir avec le grand continent : rédiger un texte avec occlusives, et fricatives (lesquelles viennent se frotter aux évolutions de nos langues vivantes, françaises ou anglaises). Mettre le mot « glisser » dans une phrase d’un livre quelconque ; mon choix se porte sur Peter Pan : « He sat down on a mushroom » …
Habilement, il glissa d’un large champignon vers l’humus habité de multiples insectes, à la recherche des traces du crocodile qui lui avait croqué sa main droite, mais aussi sa plus belle pendule, prise de pirates !
Tchik-Tchak les Djinns tch’attaquent.
Tchik-Tchak Djembe et Djeu de Djambes en danse de Sioux
Enfants perdus, racailles, voyous, hors-la-loi, sauvageons, va-nu-pieds, misérables, Gavroche sans galoches
Tchik-Tchak
Tssé Tssé mouches et moutcharabieh
Tcharabia-Tchak sur les tibias des marrons à Tchilaos !
Le Neverland et l’apatride fichent la frousse. Gare aux crocodiles fatchistes.
Le Djingle de la Djungle au Journal de 20 heures ou en continu à la TChéVé
Alors Ciao
Et pour finir le rituel des Choses qui…glissent quand on mange des profiteroles en buvant du champagne :
Les bonnes résolutions
Le taux de « glissémie »
Les propos déplacés
La fermeture qu’on dézippe
Le mot exquis
La notion du temps et du déraisonnable
jeudi 25 janvier 2024
formes de la ruine
Origine du nom : “paesine” (mot pluriel italien, “paesina” au singulier, proche de “paesaggio”, paysage) ou “pierres-aux-masures” ou “pierres-paysages, appelées encore « marbres-ruines »
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_à_image
« En Chine, on considérait comme une création le fait d’avoir trouvé une pierre de rêve. Au cours de ses déambulations dans la montagne, l’oeil de l’initié savait saisir les reflets de l’univers dans une pierre. Signant sa découverte comme oeuvre d’art, il était reconnu alors comme un artiste et la pièce prenait plus de valeur selon sa réputation. Ceux qui la contemplaient pouvaient aussi la signer et y inscrire un court poème »
(source : https://jeanpaulfavand.wordpress.com/portfolio/pierre-de-reves/ )

