vendredi 27 novembre 2020

L’atelier du 27 octobre et du 10 novembre

 Avec Delphine  & Delphine,  Marie, Dominique, Mathieu, Blandine & Nina !

Sous l’inspiration du livre de Martin Winckler Atelier d’écriture

 




Chercher des lieux d’écriture

consigne 1 le mot tournant 

couleurs chlorophylle des feuilles, perdue égarée, l’herbe du parc multicolorée,

 chapeau caractéristique et quasi circonflexe du ginkgo, 40 écus en or, l’oiseau omnicolore

bb

 

couleur, mélange, tournée, tache, palette, paillette, bleu roi, bleu pervenche, bleu turquoise, bleu ciel, bleu lapis lazuli, bleu orage

Nina

 

A suivre : distribuer nos mots les plus brefs, les engranger pour plus tard :

bleu pour Marie, âne pour moi, or pour Delphine à Marseille et sac pour Delphine à Paris, thé pour Nina, opaque pour Dominique et main pour Mathieu.

 

Consigne 2 soif Trouver le point de vue « out of the box » la journée d’une plante d’appartement qui n’a pas été arrosé depuis trois jours 

 

Sèche desséchée sans eau sans vie

je perds peu à peu mes poumons

je deviens rigide, Si rigide

si le vent se lève je tomberai 

se concentrer sur ses pieds

la moindre humidité est à prendre

ma terre le sol qui me porte

est aussi appauvri

combien de cycles lumineux vais-je

encore tenir

disparaître, mourir mais conserver

en moi la vie

quelque enfant caché, bloqué dans

ma main morte devenue prison

la mort n’est plus l’absence

de vie mais sa conservation

le vent se lèvera et je romprai

sous sa force

il apportera le coup fatal

délogeant de mon pied

ma carcasse,

sommeil effréné

dans le tournis

dans 12 ans, 100 ans une source

 

Nina

 

Je sèche je sèche ! Devant l’angoisse de la feuille, je sens mon histoire s’étioler, se recroqueviller, mes personnages vidés de leur sève. 

Je sèche, je sèche ! Je débloque la porte-fenêtre et fais coulisser la baie vitrée. Le bruit du cours Léon Blum sourd comme un torrent et me ravine la tête. Je cherche un peu de respiration, d’inspiration bucolique au milieu de mon carré d’immeuble. Sur le chantier, un quatrième étage vient de emmurés le cèdre voisin définitivement invisible. Et perdu pour ma muse ! Je veux de la chlorophylle, du végétal de saison, même en déconfiture. Sur le balcon d’en face, entre les bars métalliques quelques branches semble se tordre vers moi, une plante dans un pot fuchsia, renversée.

bb


 

Consigne 3 : Bergère de pré salé

À partir d’un podcast de France Inter une journée particulière …de bergère. Voir la mer le vent l’absence d’ombre les heures de marée le troupeau le chien le paysage dernière phrase imposé « je peux regarder mes brebis dans les yeux »

 

J’ai préféré le chien, puisque j’avais le choix, même si c’était bien plus long comme cela, à cause du dressage et de la connivence entre lui et moi. Pas tout à fait de l’amitié, car il m’obéit en tout et je dépends de lui pour le moindre de mes gestes vers le monde. 

Lorsque nous avons été prêts tous les deux, je suis parti danser, pas au bord de la mer, celle qui regarde vers les îles que Victor Hugo lui-même contemplait avec d’autres univers, son passé parisien, sa fuite flamande et ses espoirs de retour vers la ville plaisir, à consigner en formules codées dans son journal. C’est tout moi ! je suis mon chien, mon esprit vagabonde comme un troupeau sans guide. 

La chaleur du soleil qui revient malgré ma promenade d’ombre, me ramène au parfum humide des prés-salés. Des herbes cinglent mes mollets ; du sable fait un peu ventouse sous mes bottes. Le chien tire à peine sur la laisse, imperturbable dans sa cadence. 

Nous nous arrêtons, nous guettons le bruit de cette marée qu’on dit semblable au galop de chevaux…

 

J’ai encore le souvenir des cloches accrochées sous la laine, des bêements en écho d’un côté ou de l’autre de la pâture. Je sens l’odeur des moutons, de leur laine grasse qui prend à la gorge quand on la nettoie avant de la garder. Bruit. Parfum. Chaleur. Tout me revient enfin, avec les couleurs perdues. Même aveugle, je peux regarder mes brebis dans les yeux.

 

Blandine


Il a plu hier. Les prés humides d’embruns le sont plus que d’habitude. Les bottes, c’est pratique pour la boue, mais pas pour la marche. Heureusement que j’ai de l’expérience ! Le soleil se lève ; allez mes jolies ! on avance, on broute, on se remplit la besace d’herbe verte et grasse. Le vent me sale les lèvres ; si ça se trouve, j’ai le même goût dans la bouche que la brebis. Au moins pas besoin de saler mon encas. Ah ! c’est quand même incroyable d’être entourée de tant d’êtres vivants et de se sentir seule… Seule, seule, seule. Oui, bon ce sont quand même de beaux paysages : la mer, les prés avec les brebis…et pas un être humain à la ronde. Des fois c’est génial, mais là je me sens un peu en manque de chaleur. Et cette petite bourrasque n’aide pas. Je suis seule, en pleine nature, libre d’un bureau, d’un patron, de la pollution, mais seule. Pas collègue craquant à qui jeter des regards de braise, des papillonnements de paupières, des clins d’œil malicieux. Là, je peux juste regarder mes brebis dans les yeux.

 

Nina

 

consigne 4 : Boules de neige oulipienne


Thé

Herbes sèches

Fleurs et fruits

Réduits en petits bouts

Pour parfumer de l’eau

Si chaude, incolore et sans saveur

Peu à peu le parfum se répand

Les volutes de fumée deviennent volutes de couleur

Lampe à lave encres de Chine ou de poulpe

Marc de thé n’envie rien à celui du café


Nina



âne

Mon frère

Au pelage havane

Dos tracé à l’équerre

Est-ce ta croix de Saint-André

Ou le lourd fardeau des porteurs du passé

Ceux qui gravirent les montagnes et névés

Sans jamais toucher la postérité

Les bâts blessent et les hommes et les bêtes

Pour les uns la conquête

Pour les autres les coups

Quitter le sommet

Revenir de tout

âne tu es

Nous

 

bb

 

Le rituel des choses qui.. 

sont douces à moduler sur un frêle pipeau


Une chanson douce 

un coton pour enlever la poussière

une gamme en sol mineur


Nina


Musique Andine, Takirari d’altitude, battement silencieux des doigts, pulpe posée sur les cinq trous, flûte de pan, la bambouseraie d’Ardèche où je vous ai coupé, pelé, brûlé, Syrinx


bb

 

L’atelier du 10 novembre : C’est aujourd’hui qu’on écrit !

Un invité Bernard Maréchal


hublot de lave-linge utilisé
dans la partie déconstructiviste du lycée Faÿs




1/ Le mot d’avant : Cambodge

Mon bocal, mon Combo Congo Djembé mise en « Djambe » Jingle bells bel et beau sapin Kan Boboïseras-tu quand Bowie comme Bowie : just you

 

Open a window somewhere in the world

 

Choisir une ville en acrostiche : écrire un traité de philosophie sur la notion d’immanence : De quoi l’univers pourrait-il être l’achèvement ?

 

 

Sur la fenêtre virtuelle, Copenhague : des enfants (récréation ?) le linge qui sèche, circulation, éventails de papier aux fenêtres



 

Comment est-ce possible ?                                                 Et toC

    Ouvrant la fenêtre sur la nuit frileuse,                            l’égO

       Printemps ailleurs sur la planète :                                 stoP

        Enfants éparpillant les bruits de la récré,                     vitE

        N’importe où, n’importe qui,                      au vent d’autaN

        Hypocoristique : ma petite fenêtre,  ma petite suite de BacH

        Avant le grand achèvement                          au cœur du deltA

        Grondent les apocalypses,                              un coup de gonG

    Une seule ligne puis le multiple                                devient l’élU

 Escale de la petite sirène sans voix et                                     sans viE

 

 


Consigne 3 : ça tourne ! devenir scénariste en 9mn

Rédiger le synopsis d’un thriller en 3 ingrédients : bière tiède, rive d’un fleuve, un infirmier 

(7 lignes)

 

Voix off « L’avantage à la morgue, c’est que la bière n’y est jamais tiède »

Tout l’intérêt de ce film à suspense, si vous acceptez de le financer, sera de passer de cette réplique initiale au dénouement sans paroles, à la pointe du confluent entre Rhône et Saône dont les eaux recouvrent par alternance le cadavre d’un infirmier reconnaissable à sa blouse, celui-là même qu’on entendait au pré-générique. A côté de lui, reflue et roule une bouteille de mort subite. Encore froide.


 

Consigne 4 Ecrire un pitch : théâtre express entre A et B avec boucle imposée pour la première et dernière réplique

 

A : Non je ne veux pas. 

 

B : Là n’est pas la question. 

A : C’est une affirmation. 

 

B : Une affirmation qui commencerait par non ? 

A : Oui exactement ! 

 

B : Alors ton non est un oui. 

 

A : Non, non, non, mon non s’affirme comme un non défini, définitif, définissant définitivement notre insoluble différend. 

 

B : Non mais pour qui « il » se prend ?

 

A  : L’ultime vulgarité de la tournure de ta réaction ! me voilà désigné par un "il" irrespectueux, cette troisième personne bien singulière que tu glisse entre toi et moi. Veux-tu bien au moins à défaut de me comprendre, reconnaître mon existence de jeu et donc de tout face à toi ? 

B : Non je ne veux pas.

 

 

Consigne 5 : « La climatisation en temps d’épidémie » , 

à la façon d’un Article de Libé

 

Checknews de Libération : notre réponse à vos questions chaque matin

La climatisation en temps d’épidémie est-elle un pas de plus vers la destruction de la planète et l’achèvement de notre univers ? 

CheckNews vous répond. 

« Non je ne veux pas aérer toutes les heures en période hivernale ». C’est la réponse que A pourrait faire à B (les identités ont été volontairement masquées), lequel rétorque : non, je ne veux pas mourir contaminé par les micros postillons d’adolescents À l’hygiène douteuse et aux masses que je table recycler depuis le retour des vacances quand on voit pendre au lieu de se tendre les cordons crasseux traditionnellement étirés en dessous du nez !

Faut-il multiplier par trois nos factures de chauffage dans les logements privés et les écoles publiques ? Ce virus à têtes couronnées mérite-t-il de décupler nos dépenses énergétiques et nos pollution atmosphérique ? Il est vrai que ce demi confinement n’a pas réduit autant qu’au printemps dernier les émissions de CO2 et que les V véhicule lourd à particules légère mais néanmoins plombant tournent encore beaucoup et même au ralenti, dans des embouteillages de sortie d’école. Pour une fois Checknews ne sais que vous répondre. À défaut ouvrez les fenêtres virtuelles du fabuleux site « Open a window somewhere in the world

 

Le rituel des Choses qui …doivent être courtes :

 

La Courte paille et la courtepointe 

les moments de bouderie 

Des phrases courtes ma chérie comme disait la mère de l’écrivaine Pierrette fleutiaux

jupes écourtée et mini socquettes 

CROC top, 

la mode

 

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