samedi 31 octobre 2020

Le 6 octobre C’est l’atelier du mardi soir !


Le mot dansant

 faites tourner dans la tête le mot « boule à facettes ! »

 

Boule à facettes « âmelette Ronsardelette » en avant les claquettes et le chapeau claque un verre de piquette une guinguette l’accordéon musette sur la terrasse à Cusset terminus du tramway jetez les tickets lancez les bérets, libérées

blandine

 

Boule à facettes, maboule à différentes facettes, cette houle pastèque, Bourboule, trompette, boulot, couette, Charmettes, loubard, disquette, couard

nina

 

 

Après la pastèque… La bouée homard : imaginez le monologue intérieur des deux personnages au premier plan



 

Et ça y est encore un spectacle 

conceptuel ! 

Enfin : l’artiste arrive sur …

une musique de Patrick Sébastien

Je rêve ou il a fait un mélange : 

boule à facettes/Nerval …

Oh non il y

avait pourtant « trois étoiles » 

sur Internet 

Bon ! fichu pour fichu

 on va se concentrer 

sur le paysage 

on lui laisse 

une chance !

Ah ! une nouvelle chanson 

« MC Homard est dans 

la place » …oh ! 

on touche les bas-fonds

Je crois que je 

préfère encore 

les gosses qui criaient

cet aprèm 

non ne te mets 

pas à faire un slow 

avec cette bouée…

 hé mince 

non ne pas rire, ne pas 

rire, ils sont tous 

sérieux 

si ça continue 

je vais m’étrangler 

avec sa cravate 

surtout la rousse 

à côté elle a 

l’air à fond 

oh, attends 

et si c’est lui que 

j’étrangle ?

aura-t-il 

la couleur du homard ?

 

 je ne comprends pas 

comment elle peut 

rester stoïque ! 

Rouge ou orange ?

Bon, on fait un effort 

c’est quand même de l’art 

si les autres comprennent 

pourquoi pas moi ?

 

(Nina)

 

Le dialogue est en aparté.

Le Barbu : je lui dis ? 

La Rousse : je m’ennuie. 

Le Barbu : j’lui dis pas…

La Rousse : c’est dommage que la mer ça sente la marée.

Le Barbu : Je me jette à l’eau !

La Rousse en chantant : la mer qu’on voit danser 

le Barbu : tiens d’un homard arrive dans les bras d’Omar Sharif ?

La Rousse : je mangerais bien des coquillages et crustacés (elle fredonne) 

le Barbu : je regrette déjà et je n’ai encore rien dit.

La Rousse siffle l’air d’ à la pêche aux moules.

Le Barbu : bon je crois que le nudisme, c’est trop dépouillé pour elle.

La Rousse (chanté) : « J’aime regarder les filles… »

bb


 

 

« Blitzpoème »

On danse à deux : consigne 3 Ecrire sur un lieu de bord de mer dont on a un clair souvenir. 15 fragments à mélanger autant qu’on veut !


 


Blandine                                                            Nina

1 crique de la pointe au sel                         1 décortiquer les coquillages

2 plongeant entre deux ressacs                  2 en triant les grains de sable

3 La succion des poissons perroquets        3 face à la naissance de la nuit

4 nageant sous le panneau : 

« interdit de nager »                                    4 s’écorcher les pieds au rocher

5 jamais sans le vent                                  5 à la recherche des labyrinthes aquatiques

6 humer les salines à ciel ouvert                6 faire peur au poisson-clown

7 un filon de sable jaune                             7 la marée montante

8 souvenir d’éruption volcanique                 8 rarement sous la pluie

9 les pieds mouchetés de grains 

    jadis coraux ou bernard-l’hermite             9 en famille, entre amis ou en solitaire

10 juste avant de perdre un sein                 10 balader ses marques de bronzage

11 Pour étrenner le bikini                             11 la crème solaire parfumant l’air

12 en regrettant sans regretter                    12 en marchant le long des bars

13 la vague, presque une claque                13 à la recherche du vendeur de 

                                                                     beignets « à la pomme et au cho-co-lat ! »

14 chuchoter dans ce fracas d’écume         14 évitant les enfants qui s’amusent

15 mille soleils avant l’éclipse                      15 écouter la mer en fermant les yeux


 

« Petit pan de mur si bien peint en jaune »

consigne 4 : superposer des images sur des tableaux célèbres

 

Deux versions de La grande vague d’Hokusaï

 

Chaque fois que je regarde, même en pensée seulement ce tableau, je suis frappée par ce point d’ancrage de mon regard, le cône blanc du mont Fuji, délicat comme un accent circonflexe, exagérément rétréci par l’effet de la perspective. Une canine de requin sur l’horizon, une ciselure d’écume supplémentaire entre les rideaux des vagues. Le volcan en hiver et la houle des équinoxes pareille aux cintres d’un théâtre à machines. 

Où es-tu Hokusaï pour peindre ainsi la vague en suspens ? Quel peintre pourrait même esquisser, d’un bateau, la menace de l’océan ? 

Tous les marins, le dos endolori à force de ramer, sont bien près de tomber, barques sans voiles en balançoire entre les déferlantes. 

Tout me pèse, me roule, me tiraille. 

Ce monde n’est plus flottant mais plongeant : je m’imagine là-bas, juste sous le chapeau de l’accent, protégée par la paupière pâle d’un volcan à peine endormi.

 

        Blandine

 

Chaque fois que je regarde, même en pensée seulement ce tableau, je suis frappée par l’imposant bruissement qui en jaillit, l’écume en filet enferme la vague ; pourtant il ne tardera pas avant qu’il craque sous la violence de la mer. Puissance en pause, l’artiste a protégé pour l’infini les marins dans leur barque. Protégés, avec l’espoir d’atteindre leur terre au loin. Souvent elle est oubliée dans la réplique sur sacs, pin’s, t-shirts ou coussins, pas très beaux. Le Mont-Fuji a disparu de l’imaginaire collectif, laissant les marins à la merci de l’océan : ce n’était pas le désir d’Hokusaï. Parfois même, on oublie la présence de ces malheureux ; la fureur de l’estampe, la hauteur de la houle, en deviennent creuses, vides de sens. Belle esthétique, symbole de la culture japonaise, clin d’oeil sur sa tasse du matin d’un désir de voyage sur les terres nippones. L’art devient artificiel, ou plutôt l’art est propriété des cœurs et des générations.


Nina

 

 



Le rituel des … Choses qui s’imaginent

 

Tout, monde, personnes, créatures, prénoms, assemblage de mots, mélange de couleurs, escalade de notes, futur et souvenirs

Nina

 

La queue de sirène, le devenir de son enfant, mes orteils quand j’aurai 80 ans, l’autre côté des histoires après la dernière page tournée.

bb

 

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