Le mot dansant
faites tourner dans la tête le mot « boule à facettes ! »
Boule à facettes « âmelette Ronsardelette » en avant les claquettes et le chapeau claque un verre de piquette une guinguette l’accordéon musette sur la terrasse à Cusset terminus du tramway jetez les tickets lancez les bérets, libérées
blandine
Boule à facettes, maboule à différentes facettes, cette houle pastèque, Bourboule, trompette, boulot, couette, Charmettes, loubard, disquette, couard
nina
Après la pastèque… La bouée homard : imaginez le monologue intérieur des deux personnages au premier plan
Et ça y est encore un spectacle
conceptuel !
Enfin : l’artiste arrive sur …
une musique de Patrick Sébastien
Je rêve ou il a fait un mélange :
boule à facettes/Nerval …
Oh non il y
avait pourtant « trois étoiles »
sur Internet
Bon ! fichu pour fichu
on va se concentrer
sur le paysage
on lui laisse
une chance !
Ah ! une nouvelle chanson
« MC Homard est dans
la place » …oh !
on touche les bas-fonds
Je crois que je
préfère encore
les gosses qui criaient
cet aprèm
non ne te mets
pas à faire un slow
avec cette bouée…
hé mince
non ne pas rire, ne pas
rire, ils sont tous
sérieux
si ça continue
je vais m’étrangler
avec sa cravate
surtout la rousse
à côté elle a
l’air à fond
oh, attends
et si c’est lui que
j’étrangle ?
aura-t-il
la couleur du homard ?
je ne comprends pas
comment elle peut
rester stoïque !
Rouge ou orange ?
Bon, on fait un effort
c’est quand même de l’art
si les autres comprennent
pourquoi pas moi ?
(Nina)
Le dialogue est en aparté.
Le Barbu : je lui dis ?
La Rousse : je m’ennuie.
Le Barbu : j’lui dis pas…
La Rousse : c’est dommage que la mer ça sente la marée.
Le Barbu : Je me jette à l’eau !
La Rousse en chantant : la mer qu’on voit danser
le Barbu : tiens d’un homard arrive dans les bras d’Omar Sharif ?
La Rousse : je mangerais bien des coquillages et crustacés (elle fredonne)
le Barbu : je regrette déjà et je n’ai encore rien dit.
La Rousse siffle l’air d’ à la pêche aux moules.
Le Barbu : bon je crois que le nudisme, c’est trop dépouillé pour elle.
La Rousse (chanté) : « J’aime regarder les filles… »
bb
« Blitzpoème »
On danse à deux : consigne 3 Ecrire sur un lieu de bord de mer dont on a un clair souvenir. 15 fragments à mélanger autant qu’on veut !
Blandine
1 crique de la pointe au sel 1 décortiquer les coquillages
2 plongeant entre deux ressacs 2 en triant les grains de sable
3 La succion des poissons perroquets 3 face à la naissance de la nuit
4 nageant sous le panneau :
« interdit de nager » 4 s’écorcher les pieds au rocher
5 jamais sans le vent 5 à la recherche des labyrinthes aquatiques
6 humer les salines à ciel ouvert 6 faire peur au poisson-clown
7 un filon de sable jaune 7 la marée montante
8 souvenir d’éruption volcanique 8 rarement sous la pluie
9 les pieds mouchetés de grains
jadis coraux ou bernard-l’hermite 9 en famille, entre amis ou en solitaire
10 juste avant de perdre un sein 10 balader ses marques de bronzage
11 Pour étrenner le bikini
12 en regrettant sans regretter 12 en marchant le long des bars
13 la vague, presque une claque 13 à la recherche du vendeur de
beignets « à la pomme et au cho-co-lat ! »
14 chuchoter dans ce fracas d’écume 14 évitant les enfants qui s’amusent
15 mille soleils avant l’éclipse 15 écouter la mer en fermant les yeux
« Petit pan de mur si bien peint en jaune »
consigne 4 : superposer des images sur des tableaux célèbres
Deux versions de La grande vague d’Hokusaï
Chaque fois que je regarde, même en pensée seulement ce tableau, je suis frappée par ce point d’ancrage de mon regard, le cône blanc du mont Fuji, délicat comme un accent circonflexe, exagérément rétréci par l’effet de la perspective. Une canine de requin sur l’horizon, une ciselure d’écume supplémentaire entre les rideaux des vagues. Le volcan en hiver et la houle des équinoxes pareille aux cintres d’un théâtre à machines.
Où es-tu Hokusaï pour peindre ainsi la vague en suspens ? Quel peintre pourrait même esquisser, d’un bateau, la menace de l’océan ?
Tous les marins, le dos endolori à force de ramer, sont bien près de tomber, barques sans voiles en balançoire entre les déferlantes.
Tout me pèse, me roule, me tiraille.
Ce monde n’est plus flottant mais plongeant : je m’imagine là-bas, juste sous le chapeau de l’accent, protégée par la paupière pâle d’un volcan à peine endormi.
Blandine
Chaque fois que je regarde, même en pensée seulement ce tableau, je suis frappée par l’imposant bruissement qui en jaillit, l’écume en filet enferme la vague ; pourtant il ne tardera pas avant qu’il craque sous la violence de la mer. Puissance en pause, l’artiste a protégé pour l’infini les marins dans leur barque. Protégés, avec l’espoir d’atteindre leur terre au loin. Souvent elle est oubliée dans la réplique sur sacs, pin’s, t-shirts ou coussins, pas très beaux. Le Mont-Fuji a disparu de l’imaginaire collectif, laissant les marins à la merci de l’océan : ce n’était pas le désir d’Hokusaï. Parfois même, on oublie la présence de ces malheureux ; la fureur de l’estampe, la hauteur de la houle, en deviennent creuses, vides de sens. Belle esthétique, symbole de la culture japonaise, clin d’oeil sur sa tasse du matin d’un désir de voyage sur les terres nippones. L’art devient artificiel, ou plutôt l’art est propriété des cœurs et des générations.
Nina
Le rituel des … Choses qui s’imaginent
Tout, monde, personnes, créatures, prénoms, assemblage de mots, mélange de couleurs, escalade de notes, futur et souvenirs
Nina
La queue de sirène, le devenir de son enfant, mes orteils quand j’aurai 80 ans, l’autre côté des histoires après la dernière page tournée.
bb



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