mardi 6 septembre 2016

Chennai J 2




Mô revient avec un petit bonhomme barbu qui sait quelques mots de français grâce à un Belge de passage, et beaucoup plus en anglais, devenant ainsi notre chauffeur d'auto rickshaw pour les deux jours à venir. Il laisse Ranjan piloter au bord de la mer avant de rentrer dans le flot tourmenté de la circulation. Fin d'après-midi. Découverte de ST Thomas Church, église érigée sur les reliques de l'apôtre (troisième du genre après Saint-Pierre de Rome et Saint Jacques de Compostelle). Des agrandissements de Jean-Paul II en visite chez le saint borde les couloirs qui nous mènent (déchaussés : adaptation indienne du christianisme) à la crypte et la statue de cire de Thomas. (Souvenir pour moi seule de la gisante Thérèse à Paray Le Monial). Pour l'équilibre oecuménique, nous faisons ensuite le tour d'un immense temple hindou, non sans avoir également laissé nos chaussures à la garde du cerbère attitré, afin d'éviter un retour « bare foot ».


Le lendemain : journée animalière dans le parc aux serpents où les paroles de l'enfant d'éléphant du conte de Kipling prirent un relief particulier à l'observation des méandres du « serpent python bicolore de rocher ». Juste avant le « grand crocodile » qui n'était pas celui du fleuve Limpopo.


Tant de reptiles venimeux ou pas, de cobras à lunettes, de naja à monocle aussi, et autres espèces vipérines ou constrictores roulées sous le sable, lovées parmi des branchages, glissées sous l'eau, encerclant une jarre comme un rond de tonneau ou ramassées en tas de grosses cordes réticulées duquel guettent une, deux...quatre têtes aux yeux fixes d'onyx, comme morts.


Quand nous avons quitté la fraîcheur de ce parc « tranquille » , malgré ses occupants, une colonne de petits enfants, tous en uniformes roses, se déployait, chacun tenant l'épaule du précédent pour ne pas perdre la file serpentant dans l'allée !

30 kms plus loin, à bord de nos deux took took de compétition, nous rejoignons le grand zoo de Chennai : des paons albinos roulaient leurs éventails sur le chemin d'une serre vide de papillons : tous butinaient en liberté, ayant trouvé porte ouverte sur le jardin.
Plus loin un bâtiment odorait la civette et le porc-épic, avec d'autres nocturnes disparates (hiboux etc).
Eléphants, hippo et girafes ? Nous les vîmes si bien en passant dans le minibus, si loin en retourner les admirer à pied.
Puis les mangoustes, les loutres « otters » ; quant aux otaries « otteries », elles sont mystérieusement demeurées introuvables.


Les tigres blancs, les tristes singes et les marabouts, casoars, « ostrichs » traduction qui me donne envie d'imaginer les autruches en Autriche (à Vienne, au bal).
Partout des écureuils ; de rares antilopes géantes venues d'Inde et des lions venus d'Afrique.



Au retour, nous gravissons la colline de ST Thomas sur laquelle s'imbriquent différents sanctuaires chrétiens : un corcovado par-dessus des tamarins et un autre, statue couchée, drapée dans le bronze sous un banian, avec une plaque : « homeless Jesus ». Enfin, mère Theresa en plâtre (sur le point d'être canonisée) donne charitablement son nom au « snack » voisin. Du haut de la colline, la ville de Chennai est à perte de vue, sans borne. Même les rubans de béton du métro aérien où glissent des trains rétrécis par la perspective, n'apportent aucun repère. L'océan est sans doute au bout, là où la ville disparaît dans un air flouté par la pollution ou la chaleur.

Voici notre dernier jour à Chennai. Nous avons pris nos marques : petits déjeuners plutôt de café que de thé ( équivalents par la quantité de sucre et de lait) ; repas du soir à base de « mix vegetable curry », de sauces verte, rouge et orange où l'on trempe des galettes fourrées aux oignons, au fromage ou aux pois. Des lassis salés et une gourmande expérience de pâte de carotte sucrée (parfumée à la cardamome et à la noix de cajou).

La galerie de nos plats du soir n'a pas la variété des musées du jour... (à suivre)



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