vendredi 12 février 2021

Le premier de Janvier

 Habiter poétiquement le monde : toute une recherche. Étymologie de poésie



 

1 Brasse-papillon : 

Recherche du temps, du contretemps, du mi-temps, au mitant du lit, la rivière est profonde, la Saône qui déborde d’amour

 

Les mots des autres : pomme, entrouvre, chemin, humanité, perdu, disparaîtra, clown, (vent) grec, procrastination.

 

Consigne 2 : « Une puissante joie »

 

Lecture de l’épisode de la madeleine de Proust : « J’avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D’où avait pu venir cette puissante joie ? »

 

Faire un texte farci : intercalez vos mots dans ceux de Marcel (et j’y ajoute aussi les mots des autres)

 

J’avais, je le crains un peu, cessé de respirer ou d’aspirer, me contentant de retenir la gorgée d’air et de vent marin pour sentir non plus le médiocre chemin de la trachée qui s’entrouvre mais laisse s’écouler l’oxygène contingent ou l’oxyde de carbone mortel à l’humanité croqueuse de pomme.

D’où, de quel clown avait pu, à pas de chats venir cette idée originelle que la puissante procrastination de ma respiration décuplerait la joie à reprendre ce souffle perdu ?

 

Consigne 3 on s’en va ! 

35 minutes d’autoroute, cinq éléments caractéristiques de cette voie à grande vitesse… à la recherche de quoi ?

 

5,30 €. En passant ma carte devant la borne sans contact, je sais qu’il me reste 35 minutes d’autoroute périurbaine et que la barrière de Villefranche-sur-Saône semble être le dernier rempart clignotant du Grand Lyon. Plus de Saône débordante, de peupliers les pieds dans l’eau. Les camions sont cul à cul. 

Je clignote vers la droite à la hauteur d’une sculpture contemporaine en forme de trombone géant. Signe de l’infini ? Moyen pseudo artistique d’apporter des finances à la culture ? Il y a pire en quittant Paris en matière d’art autoroutier. 

Les panneaux font une gradation descendante en harmonie avec la courbe : 110, 90. Le tunnel …oui, j’ai mes phares ! Jour d’hiver. À ma droite, ce vieux pont, sur quel bras de rivière ? (L’Azergue).

Je contourne par l’est, évite l’abominable Fourvière. Des messages m’invitent à penser gestes barrière et Covid. Au pont suivant : attention déneigement en cours. C’est bien ma veine. 

Plus aucun enfant ne parle. On écoute Coldplay, la neige fondue devenant flocons, je ne regarde plus rien que la trace du camion qui me précède. Je sens bien que tout est beau autour de nous. Les Dombes proches, le paysage lissé. Mais personne n’ose admirer la première neige : on connaît mes talents de pilote…

 

Consigne 4 : les lettres aléatoires tirées, faire un texte oulipien avec E Z F K D S Z M

 

Exceptionnellement

Sprinter sur papier 

Formule 1 du stylo 

Kilimandjaro de l’acrostiche 

D’où me vient cette phrase de Proust 

Sûrement de l’atelier 

Zazie aurait aimé 

Moi j’adore

 

Consigne 5 : extrait de Christian Bobin dans La muraille de Chine « les herbes du jardin sont aiguisées par le soleil… » Reprendre la structure de cet extrait :

1§ flore, animal, élément naturel / 1§ je + état /1§ je + action

 

Le canard immobile sur l’étang du tableau observe imperturbé l’homme en slip pas vraiment sexy de la jaquette du DVD Breaking Bad.

Même sans être hallucinogène, notre misérable plante en pot a subi les faveurs du chat, grimpant sur le meuble escalier pour suçoter chaque feuille devenue brune et cassante, comme si l’automne se distillait en gouttes de salive féline. Quel désastre ce salon !

 

Je me tasse moi-même à la recherche du temps offert à boire un café tiède et compter les fenêtres éclairées de l’immeuble en vis-à-vis. Trois lampes nues, dans l’appartement, multiplient la lune aux reflets de la baie coulissante.

 

Je laisserai le linge suspendu, même s’il est sec, tout près du canapé, au moment d’en faire mon lit. Des cerises sur une paire de chaussettes. Un court instant de rêve.

 

Le rituel des choses qui… se disent dans la voiture quand on est sur l’autoroute :

 

Les confidences qui brûlent,

les mises au point sans se regarder dans les yeux, 

ce demi-tour est non réglementaire 

vous êtes à contresens (ça ne pardonne pas)


L’atelier Bubble-gum du 13 janvier




 

La Brasse Papillon « miséricorde » odeur de brûlé, bouché, Jeanne d’Arc et ses flèches cible, rengainer, carquois, narquoise, iroquoise (bb)

 

« miséricorde » misère et Hugo, Hugotesque grotesque Toscane canne à sucre, sucre candi, bonbon, réglisse, chewing-gum, bubble-gum, malabar, Spirou, tunique rouge, rose, flamant rose prose (Nina)

 

Les mots des autres* : « perlimpinpin ensemble écru méningiome prose piano volupté étriqué misanthrope humaniste misérable »

 

Consigne 2 : Mets la gomme…avec Lucien Suel ; faire un poème express avec un extrait de wikipédia sur la sonde Persévérance envoyée sur Mars !

 

La la !

déployer mars la première

une série de sol, la, mis,

son élevé pour remplir des instruments

Final : sol notamment

formes anciennes des instruments

à contraintes

 

(bb)

 

 

La persévérance est de considérer

comme œuvre

ses difficultés et échecs.

Remplir soigneusement une vie

en utilisant les contraintes.

(Nina)

 

Consigne 3 : Elles ne font pas que mâcher

D’après Jean-Luc Lagarce Elles disent l’Odyssée (dialogue entre Pénélope, Calypso et Circé)

Raconter un mythe en reprenant la structure du dialogue (et en particulier l’amorce des phrases)

 

Il y a une masse grise, informe au coin de la pièce

Il y a un homme aux mains agiles et au cœur étrangement seul

Ils disent qu’il ne bat pas

Ils disent que seuls la pierre, l’argile, le schiste, le marbre, peuvent l’émouvoir

On voit un homme masser la terre, la bouleverser pour lui donner forme, forme d’être, forme humaine, femme fatale, fatalité

On entend presque cette femme souffler et un battement

Il y a dans les yeux de l’homme une admiration

Dans son être la masse a quitté son organe de pulsion

Dire que l’amour est réservé aux hommes est devenu mensonge

On dit que cette œuvre fut admise par les Dieux

Ils animèrent l’amante de marbre pour se faire pardonner

 

(Nina : Pygmalion et Galatée)

 

Il y a le ciel le soleil et la mer.

Ils disent qu’elle ne parle pas, elle n’a pas de voix.

Ils disent qu’une femme sans chanson ne peut pas être une bonne mère et encore moins épouser un prince !

Il y a la terre, de l’écume et la mer.

Ils disent tout ce qu’ils veulent. Elle ne peut leur répondre. Elle n’a que ses sourires, ses bras ouverts comme une bouche et ses jambes nouvellement nées. 

On voit qu’elle marche avec précaution, presque aussi élevée sur ses orteils qu’une ballerine sur ses pointes

On entend le crissement du sable quand elle repasse près de la mer où elle est née.

On n’entend pas les pointes d’aiguilles sous ses pieds nouvellement nés. 

On n’entend pas un cri mais ses pas sont une torture. 

Dire au prince qu’elle l’aime et que c’était elle qu’il a vu sous l’eau, entre les jardins d’algues. On dit qu’elle ne pourra jamais plus faire retentir le chant des sirènes, que l’amour immortel s’appelle aujourd’hui le désir.

On dit qu’elle ne pourra jamais. 

On dit qu’elle a tordu ses nageoires en phalanges, qu’elle a quitté les eaux et les rêves pour la terre dure comme le silex. 

Il n’y a plus que le ciel, le soleil a éteint la mer.

 

(Blandine, La petite Sirène)

 

Consigne 4 : Sous la gomme 

 Antoine Desjardin Rapiécer le monde, sur l’illustration des points comme 7 cailloux blancs, et un arbuste ; en faire un patchwork de souvenirs à la 3ème personne.

 

Il n’a pas eu de frères, de père, de mère mais un pommier

C’est en cultivant que sa pomme d’Adam a poussé

La solitude, les misères, lui tombèrent dessus le rendant plus tenace

Penser pour sa pomme est devenu une habitude

À force de travail, il en récolta les fruits

Mais toujours seul, son cœur a pourri

Un pépin aux artères et ce fut fini

Son épitaphe : Ici repousse Antoine Desjardins

(Nina)

 

Dans sa main 7 petits cailloux. 

Marelle case 1 : qui ne connaît pas Antoine ? Antoine a les cheveux longs et les idées aussi.

Case 2 : Antoine porte une chemise à fleurs d’hibiscus. Il s’en va pagayer sur le lagon bleu. Ça motogodille est cassée.

Retour sur terre, case numéro 3 : Antoine a quitté la chansonnette mais pas la chemisette ; il fait de la télé. Il n’est plus un yéyé.

Case 4 : À cloche pied sur la marelle, Antoine père l’équilibre. Sa vue a baissé. Il porte des lunettes pour voir les atolls atolls atolls...

Un caillou blanc sur la case 5 : une idée Touamautu. Antoine a un catamaran jaune banane  (sur lequel je suis montée) et son nom ? Banana split.

Case numéro 6 : Lio, Bashung, Alain (pas le philosophe) Antoine se récite des noms bleus, des noms qui ont rendu les gens heureux.

Il reste un 7e caillou pour le ciel de la marelle, le paradis de la cour de récré. Antoine a-t-il toujours les cheveux longs ? Pourvu qu’Antoine ne soit pas tondu comme des jardins en hiver !

(Blandine)

 

Consigne 5 : La réponse des hommes de Tiphaine Ruffin citant Les œuvres de Miséricorde (Saint-Mathieu) lesquelles sont spirituelles et corporelles : 

« Supporter patiemment les personnes ennuyeuses »

Contraintes : Utiliser un système de répétitions et des phrases de moins en moins longues.

Contrainte personnelle : intégrer Les mots des autres* 

 

 

Situation de vie où raccrocher serait nécessaire :

-le collègue de maths dans son ensemble étriqué en tergal écru qui parle avec volupté de sa nouvelle télé

-ma tante Odette que j’adore et sa recette à la farine de perlimpinpin pour calmer les douleurs arthritiques. 

-ma tante Odette que j’adore et que mon père me refile au bout du fil, parce qu’elle lui raconte sa recette à la décoction de pelures de perlimpinpin pour redonner vie aux misérables buis dévorés par les papillons blancs. 

-Le collègue de maths auquel je souhaite beaucoup de mal mais tout de même pas un méningiome, tout juste un écrasement du pied au moment de déménager son piano dont il ne joue plus, lui qui me parle de sa nouvelle voiture comme l’humaniste Montaigne dissertait sur La Boétie. 

-ma tante Odette que j’adore / encore/ au bout du fil / avec mon père / lequel a posé ses sonotones et continue dans le silence ses mots croisés : Blandine, tu as une idée pour « crête » en neuf lettres ? 

-Mais ce qui m’ennuie le plus, c’est de relire ma prose misanthrope.

Post-scriptum : en 9 lettres ? iroquoise

B.

 

Le rituel des choses qui …mériteraient qu’on s’y arrête :

Les passages piétons et les feux rouge écarlate

Le temps ou la trotteuse

Le pétrin, le vieux vin, l’intime

Les phrases de Patti Smith.

 

Une réponse de Marie : « le pantalon à l’ourlet défait », de Julianne « la boulangerie du train Paris-Brest », Sarah « Le progrès ».

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