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| rue Faÿs, ce dimanche |
D'après "Le Monde" de George Perec
"Une géographie dont nous avons oublié que nous sommes les auteurs"
Dans mon petit précis de géographie, surgit, au sommet de la colline de l'Aigle, un temple hindou, sur le muret duquel je peins à l'aquarelle.
30 ans en arrière : le Vieux Saint-Jean désertés des touristes, un jour de vent glacé et de marrons grillés.
Entre les deux ; la cheminée de l'hôpital de Mantes-La Jolie, seule tache de couleur rouge depuis le lit que je ne dois pas quitter... et c'est comme un paquebot pour un voyage au long cours, celui d'une naissance.
Pour clore mon petit imprécis de géographie, il faudra se baisser et attraper des grains de sable couleur de lune, les enfermer dans une de ces boîtes en plastique qui protégeaient les pellicules photographiques, puis reprendre le bateau sur le canal des Pangalanes envahi de jacinthes d'eau, se faufiler dans le taxi brousse, passer les douanes de Tananarive, vivre plusieurs années à La Réunion et ouvrir calmement la porte de cet appartement de banlieue.
Blandine
Face à un lac, deux tours s'effondrent
Des paons crient "león" au temple de la danse
Une brume s'élevant et des fleurs blanches naissantes
Sur un embarcadère au loin la queue d'une baleine
Sous le préau une grotte de bonbons imaginaire
Une pierre immense sert de pont aux équilibristes
Dans des toilettes, étoiles et toiles d'araignée
Grillage vert sapin qui recueille la pluie
Des cabanes multiples les mêmes paréos
L'ascenseur remonte, trop lent pour atteindre le paradis
Deux arbres spectateurs du théâtre quotidien
Odeur et échos sur les genoux ; ses boucles d'oreille tintent
Nina
Poèmes fondus,
contrainte oulipienne
avec les mots d'une page de L'homme rapaillé de Gaston Miron
Haïku / distique / monastique
B:
frange caressée
s'échappant dans mes bras
manège solaire
Le tumulte de nos paroles
Avec les chagrins de l'étreinte
Désormais dénoués, mes bras emmêlés
N :
Larguez les satellites, Camarades !
s'échappant, s'échappant, plus d'Espace !
toi, époque de mauvaise foi, je l'emporterai
Plus d'espace, larguée
De mauvaise foi, je t'emporterai
Plus de camarades, + d'espace, plus de foi
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| éruption volcanique |
En mêlant deux sonnets de Du Bellay et Laforgue, Delphine nous propose d'écrire :
"Un bel orgue"
Hélas ! J'attends toujours la douceur angevine.
Narguant, d'un air frileux, le front audacieux,
Leur robe de printemps qui conquit la toison :
Le destin, ce farceur, a fait un beau voyage.
Nina
La mouche d'eau sous l'oeil a fait un beau voyage
Quand rêverai-je hélas, étoilé de clochettes
Le destin ce farceur plein d'usage et raison ;
Reverrai-je le clos paisible des rainettes ?
Où pour la grande nuit de ma pauvre maison
Hélas, j'attends toujours et beaucoup davantage !
Blandine
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| en amuse-bouche une écriture en polyphonie |
Pâques 2020, Villeurbanne




2 commentaires:
merci d'avoir pris le temps de mettre en ligne les textes de l'atelier de ce dimanche.
Agréable de pouvoir les lire tranquillement
Bravo
Danielle
Merci d'avoir pris le temps de nous partager les textes de l'atelier de ce dimanche.
Très agréable de pouvoir les lire tranquillement après les avoir entendus.
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