mardi 5 février 2019

Hissez Haut !


changeront encore
les longues nuits de l'automne
à l'horloge comptées


ici c'est plutôt une longue nuit d'hiver... hier à l'aube (avec un ciel limpide et deux étoiles encore accrochées au bleu lumineux) j'ai assisté au moment magique où le grutier gravit son échelle dans le chantier voisin. On aurait dit un ramoneur dans une cheminée à claire-voie. Son ombre chinoise montait vers les étoiles (qui étaient plutôt des planètes puisqu'elles refusaient de disparaître en même temps que la nuit) et il lançait régulièrement une longue perche crochetée qui devait lui servir à assurer sa progression vers l'éther...

mais il fait bien nuit encore, depuis les 3h et demie du matin où j'ai renoncé à dormir pour me préparer un café et commencer un roman modeste (mais prenant) qui s'appelle "Venise n'est pas en Italie".  laissons de côté le déclencheur de l'insomnie, au lieu de compter les moutons j'ai compté les pas de tango, dissociés, associés, croisés...


A chaque changement de morceau, la milonga tournait et nos partenaires se croisaient. En tenant les bras de ces hommes à peine connus, le temps de 4 cours de danse, je ressens à quel point le contact des corps est subtil... pas d'équivoque, je ne suis pas là pour autre chose que retrouver la communication avec mon propre corps et sentir le bras de l'autre ou le poids de ma main dans une autre me fait percevoir à quel point je l'aimais, lui... à quel point mes pas s'attachent à vivre et peser sur la terre, non comme un pur esprit ou une mère aimante ; je recule la jambe ou croise le pied en étant aussi une femme, une apprentie danseuse dans un hiver qui finit toujours un jour...



Parfois le ciel apparaît lorsqu'on baisse les yeux....

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