samedi 12 novembre 2016

Notre manteau d'Arlequin : années 2007 et 2008


Les années 2007 et 2008 : Des portraits de La Nature

Préambule : En recopiant l'année 2007, j'ai été marquée par sa petitesse. Bien sûr, les jumeaux grandissent et leurs paroles vont du côté de l'école. Nina est encore bien petite ; Ranjan découvre le langage à la fois en français et en créole, à son rythme. Mais au-delà de cette évolution, j'ai l'impression d'une année qui fut difficile. La route des Tamarins n'est pas ouverte et rentrer du Port vers Saint Paul peut me prendre 2 heures chaque soir. C'est la première année scolaire dans cette nouvelle vie. Pour tous. Dans ce carnet, je retrouve les mots de nous, les 6 petits cailloux. Par cette relecture chronologique j'entraperçois les lieux de nos vacances, nos amis, nos bonheurs et les petites difficultés quotidiennes, les relations des enfants entre eux et leurs questionnements sur eux-mêmes, les paroles de Mô, ma place de mère et de mémorialiste de notre famille... mais quand je n'ai plus le temps d'écrire ? Où sont passés les petits mots de 2007 ? Envolés sur les ailes des lapins...


Le 29 janvier 2007
Nina est un peu spécialiste des soucis digestifs. Ce que notre Lisosophe commente de cette manière :
-Et oui, c'est ça la vie d'une mère ; un jour, il faut affronter le vomi de ses enfants.

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Le 22 /01/17
Julia : Vous avez entendu la nouvelle ?
Nous : Non...
Julia : Il ont annoncé à la radio que l'abbé Pierre est mort.
Kanelle : Encore ?
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16/12/2007

Nina invente une chanson sur les 4 saisons :
« En hiver, les flocons de neige fleuriompent.
Papa : Ils fleuriompent ?
Nina : Oui ils tourbillonnent.
Papa : Ah ! Les flocons tourbillonnent en forme de fleurs.
Nina : Non, d'étoiles ! »

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Ranjan joue avec deux lapins en plastique. Ils exécutent des loopings.
« Maman, est-ce que les lapins, ça peut voler ?
-Non, ça saute.
-Pourquoi ?
-Ils n'ont pas d'ailes. »
Ranjan pointe un doigt sur les oreilles d'un lapin : « Et ça, c'est pas des ailes ? »

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Le 4/01/2008

Après un réveil brumeux, Nina :
« J'ai saigné du sang de mon nez ; je me suis réveillée. J'ai vu sur mon oreiller une feuille morte. Mais c'était pas une feuille, c'était des gouttes de mon nez qui avaient séché. En plus mon drap était tout blanc, tout propre ! »

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Nina m'étreint : « J'entends ton cœur battre comme une louve qui miaule dans les bras de sa maman. »
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Ranjan réinvente une comptine créole :
« Quelle fenêtre ?
Fenêtre de toit
Quel toit ?
Toit de fumée
Quelle fumée ?
Fumée de ballon
Quel ballon ?
Ballon soleil »
A Madagascar, le 15 mars 2008

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21 mars 2008
Nina à l'aéroport m'embrasse avant de passer le portique de la douane :
« ça c'est un bisou en fer alors, si ça sonne, ne t'étonne pas. » (la veille de l'âge de raison)
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Lise adapte la même comptine créole :

« Hier soir
j'ai mangé un Romain
Quel Romain ?
Romain d'César !
Quel César ?
César Averne.` »

Quel Averne (Arverne) ?
Bouclier
Quel Saint ?
Cingétorix
Quel X ?
D'Astérix.
Quel compagnon ?
Obélix. »
Mada le 13 mars 08

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30 avril, je suis aphone.
Ranjan : « Maman, ta voix est partie se promener... faire de la balançoire et elle reviendra demain. »

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Léandro réinvente la maladie des rats : la puberculose.

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« Magasins ouverts »

Lise, ta braguette !
(…)
Lise, si tu mettais des robes, tu n'aurai pas de problème de braguette.
  • Je sais. Mais les robes, ça a des braguettes à l'envers.
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6/6/08
Lise réinvente la notion de « paysages » en feuilletant un carnet de croquis : « Et après c'est plus que des portraits de La Nature.
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Echange de compliments :
Ranjan (5 ans) à Léandro (10 ans) : « Ignare ! »
Riposte de l'aîné : « Phallocrate ! »

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Comme Ranjan se plaint de la température de la douche, Nina lui explique : « Tu a un décollage horaire entre le chaud et le froid. »
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14 juillet 2008, Ranjan conclut le feu d'artifice par :
« J'aime bien les feux qui montent mais faut pas péter la lune, sinon c'est foutu ! »

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« On demande à une étoile de fermer les yeux. On lui met un slip sur la tête et on prend une photo. » idée de Nina, le 22 juillet 2008.
Pourquoi ? « Parce qu'on sera au bord de la mer ! Pour faire rire » (Nina qui songe au métier de clown boulangère et funambule)
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24 août 2008
Tableau : Ranjan endormi sur notre lit à côté d'une figurine de Caliméro et de quelques grains de sable ramenés dans ses poches, de la plage.

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Lise au repas :
« Les garçons ont une pomme d'Adam et les filles deux poires d'Eve » (préadoles-sentence)

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Dans les dessins de Ranjan, je suis toujours vêtue d'une robe triangle, ornée d'une fleur au centre, avec tige et feuille. Une maison à côté de moi, de même taille, avec une porte et deux fenêtres. « Papa » est en rectangle ou en carré, et si on rassemble nos deux corps, on retrouve la maison, ses murs (Maurice) et son toit (moi). On a tous deux belles oreilles rondes et ouvertes comme Ranjan. Sous le trait vertical de nos nez, deux points figurent les narines.


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2 Histoires de … Q

Ranjan (5 ans)
Je vois avec bonheur que Ranjan commence à découvrir presque toutes les lettres majuscules. Mais, lorsqu'on arrive après le p...
« Maman, pourquoi on l'a appelé Q ?
  • Je ne sais pas. Il fallait bien lui trouver un nom...
  • Moi je sais : on l'a appelé Q parce qu'elle a un petit zizi. »
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Lise, 10 ans, la semaine suivante :
« Avec Mme Klein, on a fait de l'art plastique. Elle nous a montré La jeune fille à la guitare de Georges Braque.
-Alors vous avez dû parler du cubisme ?
-Oui : elle nous a demandé à quoi nous faisait penser « cubiste ». J'ai levé la main, et j'ai dit « biste » pour pas dire...
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Brocante à Saint Paul, dernier dimanche du mois d'août (31/08/08)

Nina puis Ranjan veulent une ombrelle. Mais l'ombrelle est encombrante dans la foule ; rapidemnt Ranjan me la laisse... La réclame à nouveau :
« Maman, rends-moi mon nombril ! »
Belle adoption.
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Visite d'Anne, ma tante, en novembre 2008
« Anne, ta cabane » (petite confusion de Ranjan)... Ai-je écrit dans le carnet sa formule « oreilles de carottes » ? pour oreilles de lapins.

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Nina commence le violon. Et elle réclame à Mô de se remettre à jouer de « klaxophone ». 11/11/08

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Pour une fois, je recopie un message anonyme. Dans les rampes de Plateau-Caillou, 2 tournants ; 2 fois la même déclaration : « Tataiana, je t'aime ! » en capitales rouges sur le muret de pierre qui sert de garde-fou. Le temps passe, et l'amour avec. La murette est repeinte de blanc. En capitales noires on peut désormais lire : « Philosopher, c'est apprendre à vivre ».

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23 décembre 2008

Devinette de papillote lue à Ranjan :
« Quel est le premier homme à avoir traversé la Manche ?
  • Faut l'enfiler, la manche. »
    &
« Il y a des enfants qui tiennent les racines des arbres sous la terre » (Ranjan)

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J'apprends fortuitement en parlant de Grande Fontaine, à quoi sert le pissa bœuf : rafaîchir le pied d'un fervent tamoul après la marche sur le feu.
Nina écoute, et commente :
« ceux qui marchent sur le feu, c'est comme des saphirs. » (fakirs) décembre 2008

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Alternative

Préparatifs pour le départ en métropole ; on cherche des baskets pour tous les enfants. Mais rien à la taille de Lise. Alternative parentale : « On peut aller dans un autre magasin acheter autre chose que des baskets.
  • Autre chose que des baskets ? (S'étonne Lise) Des tongs ? ! »
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Dans l'avion, nous feuilletons un magazine Air austral et on arrive aux pages consacrées à Madagascar. Je montre à Lise les fameuses chutes Lily où j'avais été au plus mal...

« Ah oui, Maman, c'est là où tu avais excrémé »

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Le 29/12/08
Conversation entre Nina et son grand-père.
Dady : Dis-donc, Nina, tu ris tout le temps avec tes copines ?
-Oui.
Et avec la maîtresse ?
-Oui.
Et avec ta prof de violon ?
-Alors ça non !


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