lundi 20 avril 2020

Ecrire avec Delphine, Danielle, Elsa, Marie et d’autres femmes….



Logo-rally avec des mots d’Alicia Gallienne tirés du
Chapeau à plumes  « L’incohérence, ça se travaille »

Consigne : La voix de Delphine introduit de façon aléatoire les mots sur notre écriture automatique, comme des jalons sur cette rue…



Comme ces jours où l’on se promène des 2 côtés de la rue et où l’on regarde tantôt vers le ciel si un nuage apparaît dans l’infiniment bleu libéré des fumées de l’activité à outrance et, sans mentir, aucun nuage ne se propose d’accrocher mon imaginaire, tout sauf un lien de mémoire ;  tantôt vers les côtés de ma rue, une fleur à la main, la branche de cerisier me dépasse et rejoint les gants verts du figuier où les fruits ne mûriront jamais que pour les passereaux et où l’on cherche désespérément à grandir, grandir le pouce, l’index et le majeur mais les instants brisés me clouent à nouveau au sol et au trottoir, un défi à soi-même : revenir à la terre, bien terre à terre, mes yeux en projection maintenant sur l’asphalte grumeleux qui fond et adhère à la semelle de mes tongs, alourdissant la foulée au milieu de ce dimanche sans lendemain

Blandine


Comme ces jours où l’on se promène des 2 côtés de la rue et où l’on frappe les pavés des deux pieds dans l’espoir de marcher plus vite, comme les enfants sur leur marelle ou les éléphants dans la gadoue, qui peuvent mentir sur leur poids mais par le son se contredisent ! car il faut tout sauf sauter face à une souris, c’est vrai ! elle entend le moindre bruit, elle ! alors un saut de pachyderme … il faudrait une fleur à la main pour pouvoir s’envoler, peut-être le vent nous ferait aller plus vite, loin vers des contrées, des savanes où l’on a chaud et où l’on se gratte la peau à cause des moustiques, des plaques rouges apparaissent et un instant brisé mon rêve se fend au son d’une voiture, c’est un défi à soi-même que rester concentrée alors que tout passe autour, de soi et que mes yeux en projection empêchent toute imagination, c’est ainsi qu’il faut marcher dans la rue des deux côtés, alors que ce dimanche sans lendemain
Nina



A nos fenêtres !

Les inspirateurs :

François Bon Tous les mots sont adultes
Raymond Bozier Fenêtres sur le monde

Consignes de Delphine… quel creuse-méninge ! 

4 fenêtres, 2 immobiles, 2 privées, 2 publics, 2 mobiles, l’une de l’enfance, l’autre de maintenant, l’une encore d’un passé proche et enfin la dernière dans notre futur…
Et comme cela ne suffisait pas, 2 suites de phrases nominales et 2 phrases débutées par « on voit » !

Fenêtre de la place arrière :

On aperçoit la lune qui, à la poursuite de l’Espace, illumine la mer.

Fenêtre sur travaux :

La terre béante, une grue élevée, du gravier, des cailloux, du sable, du goudron et oh ! un îlot d’herbes avec un arbre solitaire et orphelin.

Fenêtre, du public à l’intime :

On voit à moins d’un mètre un chat qui, au rebord de sa fenêtre, surveille les bavards du fond et les rêveurs du premier rang.

Fenêtre point de départ :

Des rues filantes, vœux réalisés, 1, 2, 3 arrêts, au prochain, descente d’un couple, les mains pleines de cartons.

Nina


Dans le train pour Besançon 

On voit en passant à Lons-le-Saunier le médaillon géant à tête de vache de l’usine de pâte de fromage, depuis ce train rouge prénommé Micheline regardant passer la vache rouge qui rit, qui rit, qui rit…

Avec vue sur le cours Léon Blum 

le triptyque de la baie vitrée 
le balcon face à la vitre 
le chantier creusé jusqu’au futur niveau moins un
les racines à nu du cèdre épargné
 l’absence complète d’indices de l’existence du cèdre abattu 
la bordure de palissade jouxtant la grande avenue 
le panneau publicitaire vu de dos
Le bus à soufflet de la ligne C3 qui part vers l’hôtel de ville de la ville de Lyon

Au volant ou Fiat lux, comme disait Desproges

Le contraste entre la pénombre du garage souterrain et le soleil en plein phares
la dernière sortie sans attestation dans la poche 
l’ignorance de cela

Ma nuit avec Hokusaï

On voit ou plutôt on verra de la fenêtre de l’hôtel, une masse noire sur la nuit noire, entre deux pans de maisons noires et j’attendrai le point du jour sur la tête nue du Mont Fuji-San.

Blandine




Rituel d’après les Notes de chevet de Sei Shonagon

Choses qui s’écrivent le dimanche soir en atelier d’écriture :

Choses qui usent le bout du crayon  
et qui réparent les traces de gomme de l’inconscient 
choses qui se grattent d’un geste réflexe 
et qui coagulent l’ennui du dimanche
choses qui me rapprochent de vous 
et qui se partagent avec des femmes à connaître
Blandine

Choses qui s’écrivent le dimanche soir en atelier d’écriture : 

Choses qui riment, les souvenirs, les mots magiques qui chatouillent les oreilles ou les yeux
Choses qui sont bloquées par la voix mais qui, sous un crayon, n’ont pas de peine à s’écouler
Choses qui s’oublient et qui reviennent par les phrases - lues -d’un grand auteur
Nina







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