mercredi 6 décembre 2017

Johnny is gone


retour au passé
en allumant la radio
la mort de Johnny

c'était en juin 1993. un ville grande avec sa banlieue ordinaire où les zones commerciales, les zones industrielles et les établissements scolaires peu prisés élargissent le cercle urbain d'un périmètre disgracieux. De la gare routière à ma destination, il fallait prendre un bus pour une bonne heure.       Avec la radio non-stop et l'anniversaire de Johnny, ses 50 ans . Donc du Johnny, du Johnny, en boucle les tubes de ces années-là... j'ai horreur de sa musique, mais quitter ce bus, c'était en attendre un autre, une heure encore, avec un autre chauffeur sans doute aussi fan... Alors je me suis concentrée sur mon arrivée ; je rejoignais Mô dans un appartement presque vide du lycée professionnel, juste en face de la raffinerie de pétrole. Il était de corvée de garde à l'internat ;  on y a passé ce week-end des 50 ans du chanteur. Et le suivant aussi pour y fêter mes 25 ans.

A mon tour au prochain anniversaire d'avoir 50 ans. Aucun bus de brisera les oreilles d'un passager avec mon demi-siècle. Je n'irai pas en juin 2018 dans une banlieue industrielle dormir à deux sur un matelas. Deux n'existe plus. Mais depuis ce matin, bien avant la sonnerie, à l'heure où je décide de cesser de regarder les combinaisons variées de mes éveils s'inscrire au cadran :
01:11
03:03
05:12
au moment où j'occupe ma solitude de la voix d'une radio, Johnny revient et chante pour moi au moins le temps d'un trajet en bus. Je déteste toujours autant ses chansons. Mais je l'écoute car on ne peut pas descendre de sa vie en marche.
06:07
Bonne nuit Johnny.



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