retour
au passé
en
allumant la radio
la
mort de Johnny
c'était
en juin 1993. un ville grande avec sa banlieue ordinaire où les
zones commerciales, les zones industrielles et les établissements
scolaires peu prisés élargissent le cercle urbain d'un périmètre
disgracieux. De la gare routière à ma destination, il fallait
prendre un bus pour une bonne heure. Avec la radio non-stop et
l'anniversaire de Johnny, ses 50 ans . Donc du Johnny, du Johnny, en
boucle les tubes de ces années-là... j'ai horreur de sa musique,
mais quitter ce bus, c'était en attendre un autre, une heure encore,
avec un autre chauffeur sans doute aussi fan... Alors je me suis
concentrée sur mon arrivée ; je rejoignais Mô dans un appartement
presque vide du lycée professionnel, juste en face de la raffinerie
de pétrole. Il était de corvée de garde à l'internat ; on y
a passé ce week-end des 50 ans du chanteur. Et le suivant aussi pour
y fêter mes 25 ans.
A
mon tour au prochain anniversaire d'avoir 50 ans. Aucun bus de
brisera les oreilles d'un passager avec mon demi-siècle. Je n'irai
pas en juin 2018 dans une banlieue industrielle dormir à deux sur un
matelas. Deux n'existe plus. Mais depuis ce matin, bien avant
la sonnerie, à l'heure où je décide de cesser de regarder les
combinaisons variées de mes éveils s'inscrire au cadran :
01:11
03:03
05:12
au
moment où j'occupe ma solitude de la voix d'une radio, Johnny
revient et chante pour moi au moins le temps d'un trajet en bus. Je
déteste toujours autant ses chansons. Mais je l'écoute car on ne
peut pas descendre de sa vie en marche.
06:07
Bonne
nuit Johnny.

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